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Hommage à Slimane Azem

21/09/26 – Vendredi 18 septembre 2026, la Ville de Longwy a rendu hommage à Slimane AZEM, poète et chanteur kabyle, mais aussi ancien sidérurgiste du bassin longovicien. Une cérémonie commémorative suivie d’une conférence est venue saluer le parcours d’un artiste dont l’histoire personnelle demeure intimement liée à celle de Longwy.

Le Parc des Récollets a accueilli, vendredi dernier, une cérémonie en hommage à Slimane Azem. En présence des autorités locales, de représentants associatifs et de nombreux habitants, la Ville de Longwy a souhaité rappeler le rôle majeur de cet artiste dans la culture kabyle, mais également son attachement particulier au territoire longovicien.

La cérémonie a débuté par les discours de Vincent HAMEN, maire de Longwy, et de Jean-Paul DURIEUX, ancien député-maire de Longwy et conseiller général de Meurthe-et-Moselle, à l’origine de cet hommage il y a plusieurs années.

Dans son allocution, le premier magistrat a rappelé que l’histoire de Slimane AZEM avait véritablement croisé celle de Longwy. Né en Kabylie en 1918, l’artiste avait rejoint la France en 1937, comme de nombreux travailleurs de son époque, avant d’exercer durant près de deux années dans une aciérie du bassin. « Slimane Azem n’était pas seulement un chanteur, il était une voix », a déclaré le maire. Une voix portant « l’exil, la nostalgie du pays natal, l’attachement à la langue, à la mémoire et aux racines ».

Pour Vincent HAMEN, le parcours de Slimane AEM illustre également l’histoire industrielle et humaine de Longwy, façonnée par les vagues successives d’immigration. Des hommes et des femmes venus d’Italie, de Pologne, du Portugal, du Maroc et de nombreux autres horizons ont contribué à construire l’identité de la ville. « Derrière chaque travailleur, il y a une histoire, une langue, une culture, une famille et des rêves », a souligné le maire, avant d’ajouter que Longwy, en rendant hommage à Slimane Azem, ne célébrait pas uniquement un immense artiste, mais reconnaissait aussi « l’un des siens ».

Le maire a insisté sur la capacité de la culture à dépasser les différences et à faire des mémoires plurielles une richesse commune. « Ici, nous savons qu’on peut avoir deux patries dans le cœur, plusieurs langues dans une même famille et plusieurs mémoires qui se transmettent d’une génération à l’autre », a-t-il rappelé.

Trois plaques dévoilées au Parc des Récollets

À l’issue des prises de parole, une première plaque commémorative a été dévoilée. L’assemblée a ensuite suivi la Fanfare du Soleil, qui a interprété plusieurs morceaux du répertoire de Slimane AZEM. Une deuxième plaque a été dévoilée dans le parc, avant qu’une minute de silence ne soit observée en mémoire de l’artiste. Enfin, une troisième plaque indiquant l’allée Slimane AZEM a été officiellement révélée.

Ces plaques viennent enrichir l’allée centrale du Parc des Récollets, déjà dédiée au chanteur kabyle. Elles témoignent de la volonté de la municipalité de faire perdurer le souvenir d’un homme dont l’œuvre continue de résonner auprès de plusieurs générations.

« Un homme qui a été des nôtres »

Jean-Paul DURIEUX a, pour sa part, rappelé la dimension profondément humaine de cet hommage. Slimane AZEM, a-t-il souligné, « a habité quelques années la région » et « travaillé comme beaucoup d’entre nous dans les usines ». À ce titre, il est devenu « un frère, un camarade ».

L’ancien député-maire a insisté sur la singularité de l’artiste, capable d’associer le monde du travail à la poésie et à la sensibilité. Dans ses chansons, Slimane AZEM évoquait le travail, l’exil et les difficultés de la vie avec des mots simples, mais profondément humains. Jean-Paul Durieux a également rappelé que la dénomination de l’allée Slimane AZEM, décidée il y a 25 ans, portait un message de fraternité et d’ouverture. « L’humanité est une », a-t-il affirmé, appelant à remplacer les conflits par la concorde et par le désir de mieux se connaître.

Une conférence sur l’héritage de Slimane AZEM

Après la cérémonie, les participants se sont retrouvés à la mairie de Longwy-Bas. Les représentants des associations CBF et ACB54 ont pris la parole pour rappeler l’importance de préserver et de transmettre la langue, la culture et l’identité kabyles.

La rencontre s’est poursuivie par une conférence animée par Youcef NACIB, biographe de Slimane AZEM. Plusieurs aspects de la vie et de l’œuvre de l’artiste ont été abordés, notamment les liens franco-algériens à travers son parcours, son engagement politique — en particulier sur la question des harkis — ainsi que son influence musicale, à la croisée de la tradition kabyle et de la modernité.

À travers cette journée d’hommage, Longwy a ainsi célébré un artiste majeur, mais aussi un ancien ouvrier du bassin sidérurgique. Slimane Azem demeure aujourd’hui un symbole de résilience, de mémoire et de dialogue entre les cultures. Son œuvre continue de faire vivre une langue, une histoire et une identité, tout en rappelant que les trajectoires de l’exil peuvent aussi devenir des histoires communes.